[ J'en fais des kilomètres avec la bicyclette que j'ai dans ma tête ]
Après deux mois d'absence, me revoilà sur Nantes plus pimpante que jamais (ou pas). En effet, ma rentrée en prépa ne fait pas partie des choses que j'attend avec impatience. Mais tout ça à commencer il y a deux mois, ou peut ètre un peu moins, le jour des résultats du bac.
[ Bref, disait Pépin en suçant son noyau, puisque la terre est ronde on peut pas chier dans les coins ]
Retour en arrière:
Et voilà, le bac c'est fini, on est heureux d'être enfin débarassé de ce fastidieux évènement; on n'a plus à culpabiliser lorsque l'on est vautré devant la télé ou l'ordi au lieu de bosser. On n'a pas déjà les résultats qu'on se bourre la gueule (ba oui, faut ce qui faut!).
Puis juillet est là, chacun part de son côté. Pour moi ce sera direction Saint-Brévin et sa superbe caisse d'épargne où un mois de boulot m'attend. Alors on y va, on se lance. Après les deux premiers jours un peu compliqués, on s'en sort et on sympathise même avec les collègues et les clients.
Et paf!
Le jour des résultats est là: Bac ES mention européenne et très bien.
Voilà, ça y est. On l'a ce fichu bac, et "alors alors ça fait quoi ?!". Ca nous fait une belle jambe voilà tout. Pourtant qu'est-ce qu'on l'attendait! Depuis notre rentrée en CP (que dis-je, en maternelle!) on nous rabattait les oreilles avec ce bac, but ultime de notre scolarité (du moins c'est l'impression que nous avions). Et maintenant qu'on l'a on se dit: tout ça pour ça..!
Et on se retrouve comme des cons.
Après ce "but ultime" on fait quoi? On se demerde dans la jungle que constituent toutes les filières possibles et imaginables après le bac.
Et pouf!
Tu feras prépa. La sentence est tombée. Tu atteriras dans cet établissement immense où tu ne connais personne et où tu vas devoir en chier pendant deux ans alors que tu n'as jamais bossé de ta vie (bon ok je dramatise peut-être un tout ptit peu; quoique). En tous cas, ça y est; c'est bel et bien fini. L'époque où l'on courrait nu dans les prés au lieu de bosser est décidément révolue. A nous les responsabilités, les prises de décisions qui auront des conséquences sur nos vies (si si c'est vrai!); à nous les papiers importants, les assurances, les mutuelles, les banques, etc.
Et oui: ça fait peur cette période de notre vie qui s'en va loin de nous. Et vous savez la meilleure? Actuellement je suis à équitemps entre ma naissance et mes 36 ans; c'est pas flippant ça?!
[ Je sais pourquoi je vous ai aimé
Parce que vous aviez le sens du péché
Car lorsque je vous demandais:
"Pourquoi? Comment on fait?"
Vous répondiez:
"Pourquoi s'en empêcher"
Et moi de me laisser aller
Je sais pourquoi je vous ai aimé
Parce que vous aviez le sens du péché. ]
Cet été aura été différent des précédents.
Comme dirait Lulu: l'été de la maturité.
Comme dirait Camillou: l'été de la majorité.
Comme dirait Romain: l'été des conneries.
J'aurais tendance à dire qu'il s'agit d'un mélange de tout ça.
[ Ah si j'étais une pomme, je serais une golden! ]
Plusieurs jours passés avec ma Cramouillou et je peux vous dire qu'on en a fait des folies!
On a bu (et pas que de la limonade moi je vous le dis!)_ On a décuvé (parfois c'était dur, mais on est des warriors)_ On a eu plein de fous rires_ On a fait des pendus un peu louches_ On a bronzé_ On a raconté un peu n'importe quoi_ On a suivi trois barmen dans la voiture d'un d'eux irlandais donc avec le volant à droite_ On est entré en boite gratos grace à nos connaissances (héhé)_ J'ai réussi à faire danser Caca!_ On a fait une chaine de bisous_ On est allées dans une cave trèèès obscène_ On a visité une caravane_ On est rentré à pas d'heures_ On s'est fait un peu grondé_ On a parfois menti_ On a bu du Porto chez un viiieux barman (au fait Caca! Je connais son vrai âge maintenant!)_ On a fait pas mal de conneries et on ne regrette pas.
[ Excuse-moi j'ai éjaculé dans tes cheveux à un moment inadéquat, je ne croyais pas que ça partirait, mais quand tu fais des trucs comme ça je ne peux pas m'en empêcher, pourtant j'essayais de penser à autre chose.
A une chaise qui attend dans la salle d'attente du docteur, je pensais à elle la nuit quand il n'y a personne dessus, il faut penser que c'est l'hiver et qu'il fait froid.
Parfois je pense à ma grand-mère qui est tout là-haut dans le ciel et qui m'offrait dans gâteaux tout les dimanches après-midi, avec une drôle d'odeur.
Parfois je pense à la déclaration du Président d'la République tout les 14 juillet en direct de l'Elysée.
Parfois je repense à cet homme qui me réclamait de l'argent en République Dominicaine et moi qui faisais semblant de ne rien voir et qui dansait en maillot de bain dans la rue, parce que j'étais bourré.
Parfois je pense à l'accident sur la RN 137, j'étais témoin de l'accident, j'entendais des cris inhumains, je voyais le sang sur la route, je n'savais pas quoi faire.
Je pense à la chaise,
Je pense à ma grand-mère,
Je pense au Président,
Je pense à cet homme,
Je pense à l'accident.
Parfois je pense à tous les gens qui sont au bloc d'opération, exactement au même moment où je vais éjaculer trop précipitamment, mais ça n'est pas suffisant de penser à ça, quand tu fais des trucs comme ça.
Mais ça n'est pas suffisant de penser à ça, quand tu fais des trucs comme ça
Alors excuse-moi, alors excuse-moi, alors excuse-moi, alors excuse-moi.]
La prépa c'est prenant. A tel point que je n'ai pas eu le temps de vous exposer tous les faits divers et variés de mon été. Mais ne t'inquiètes pas Lulu je n'oublie pas tout nos fous rires, toutes les bières englouties, tout les retours très périlleux sur nos vélos, tout les pendus pervers, tout les épisodes un peu bizares (no comment) qui font qu'on a passé un bout d'été ensemble super sympa.
Alors pour résumer je dirais que cet été qui est bel et bien derrière nous a été un des meilleurs malgré quelques évènements imprévus.[ Quand les andouilles voleront, tu seras chef d'escadrille ! ]
On change, on évolue tous plus ou moins.
On emprunte des voies différentes qui ne simplifient pas l'affaire.
La seule chose que je peux me permettre d'espérer, c'est que nous soyons assez matures pour accepter les évolutions de ceux qui ont été, et/ou qui sont, des personnes importantes dans notre vie.
Car les amis, je crois qu'on peut le dire, c'est bel et bien la fin du début.
La fin de quelque chose qui nous marquera à jamais: l'enfance.